Dans l’imaginaire collectif, être productif signifie souvent travailler davantage, remplir son agenda et répondre rapidement à toutes les sollicitations.
Pourtant, une journée très chargée n’est pas nécessairement une journée productive. Un entrepreneur peut participer à de nombreuses réunions, répondre à des dizaines de messages et terminer plusieurs tâches sans faire réellement avancer son entreprise.
Erling Haaland offre une autre manière d’aborder la performance. L’attaquant norvégien ne cherche pas à toucher le ballon plus que tous les autres joueurs. Son rôle consiste surtout à se placer correctement, à rester disponible et à transformer les bonnes occasions en résultats.
En décembre 2025, il est devenu le joueur ayant atteint le plus rapidement la barre des 100 buts en Premier League, en seulement 111 apparitions. Lors de sa première saison dans le championnat anglais, il avait également établi un record avec 36 buts en 35 matchs.
Les entrepreneurs ne peuvent évidemment pas copier directement la préparation d’un sportif professionnel. Ils peuvent néanmoins s’inspirer de plusieurs principes : la concentration, la spécialisation, la récupération, la régularité et la capacité à mesurer les bons résultats.
La productivité ne consiste pas à multiplier les actions
Sur un terrain de football, le joueur qui touche le plus souvent le ballon n’est pas nécessairement celui qui produit le plus de valeur.
Un attaquant peut rester relativement discret pendant une grande partie du match, puis réaliser l’action décisive. Sa performance ne dépend donc pas uniquement de son volume d’activité, mais de la pertinence de ses déplacements et de son efficacité au moment important.
Cette distinction est essentielle pour un entrepreneur.
Certaines tâches donnent immédiatement l’impression de travailler :
- répondre à ses courriels ;
- modifier son site internet ;
- consulter ses statistiques ;
- publier sur les réseaux sociaux ;
- tester de nouveaux outils ;
- participer à des réunions ;
- réorganiser ses dossiers ;
- réfléchir à de nouvelles offres.
Toutes ces actions peuvent être utiles. Mais elles ne produisent pas forcément le même niveau de valeur.
Pour une entreprise, les véritables résultats peuvent être :
- signer un nouveau client ;
- améliorer la satisfaction d’un client existant ;
- terminer un produit commercialisable ;
- résoudre un problème important ;
- automatiser une tâche répétitive ;
- améliorer la rentabilité ;
- rendre une offre plus compréhensible ;
- réduire un risque technique ou financier.
La première leçon de Haaland est donc simple : la productivité ne se mesure pas au nombre de mouvements, mais à la valeur créée par les bonnes actions.
Première leçon : définir clairement ce que signifie « marquer »
Pour Haaland, l’indicateur principal est relativement évident : inscrire des buts et contribuer aux résultats de son équipe.
Dans une entreprise, la définition de la réussite est souvent beaucoup moins claire.
Un entrepreneur peut suivre des dizaines d’indicateurs :
- nombre de visiteurs sur son site ;
- abonnés sur les réseaux sociaux ;
- nombre de contacts ;
- chiffre d’affaires ;
- marge ;
- trésorerie ;
- devis envoyés ;
- contrats signés ;
- taux de renouvellement ;
- satisfaction des clients ;
- temps passé sur chaque projet.
Le problème n’est pas de disposer de plusieurs mesures. Il apparaît lorsque l’entrepreneur ne sait plus lesquelles correspondent réellement à son objectif.
Une publication qui obtient beaucoup de réactions mais ne génère aucun contact peut être utile pour la visibilité. Elle ne doit toutefois pas être confondue avec une vente.
De la même manière, un chiffre d’affaires important ne garantit pas une bonne santé financière lorsque les dépenses, les délais de paiement et la charge de travail augmentent encore plus rapidement.
Choisir un indicateur principal
Chaque période devrait être associée à un résultat prioritaire.
Pour un indépendant qui cherche ses premiers clients, cela peut être le nombre de rendez-vous qualifiés obtenus.
Pour une entreprise déjà installée, il peut s’agir de la marge, du taux de renouvellement ou du nombre de projets livrés dans les délais.
Pour un éditeur de logiciel, l’indicateur central peut être le nombre d’utilisateurs actifs ou le taux de conversion entre l’essai et l’abonnement.
L’objectif n’est pas de tout réduire à un seul chiffre. Il est de savoir quel résultat doit guider les décisions du moment.
Lorsqu’une nouvelle tâche apparaît, l’entrepreneur peut alors se demander :
Cette action augmente-t-elle réellement mes chances d’atteindre mon objectif principal ?
Deuxième leçon : se placer là où l’on crée le plus de valeur
L’efficacité d’un attaquant dépend beaucoup de son positionnement. Il doit anticiper l’action, observer ses partenaires et se rendre disponible au bon endroit.
Les données officielles de la Premier League montrent d’ailleurs que l’immense majorité des 50 premiers buts de Haaland dans la compétition avaient été inscrits depuis l’intérieur de la surface de réparation. Cette statistique illustre un principe simple : il concentre une grande partie de son activité dans la zone où il peut être le plus dangereux.
Pour un entrepreneur, le positionnement n’est pas géographique. Il consiste à identifier les tâches pour lesquelles son intervention apporte le plus de valeur.
Un dirigeant peut être capable de :
- créer une facture ;
- modifier une image ;
- installer un logiciel ;
- rédiger une publication ;
- répondre au support ;
- rechercher des prospects ;
- développer une fonctionnalité ;
- gérer la comptabilité ;
- organiser les rendez-vous.
Mais le fait d’être capable de tout faire ne signifie pas qu’il doive tout faire lui-même.
Identifier sa zone de valeur
La zone de valeur d’un entrepreneur correspond généralement à l’intersection de trois éléments :
- ce qu’il maîtrise particulièrement bien ;
- ce qui produit un résultat important pour l’entreprise ;
- ce qui peut difficilement être confié immédiatement à quelqu’un d’autre.
Pour un consultant, cette zone peut être le diagnostic, la relation client et la conception de la solution.
Pour un développeur indépendant, elle peut être l’architecture du produit et la résolution des problèmes complexes.
Pour un commerçant, elle peut se situer dans le choix des produits, la relation avec les clients et la négociation avec les fournisseurs.
Les tâches administratives restent nécessaires, mais elles ne devraient pas occuper tout l’espace disponible.
Une entreprise devient plus productive lorsqu’elle permet à chaque personne de passer davantage de temps dans sa propre zone de valeur.
Troisième leçon : se concentrer sur l’action suivante
Après une victoire importante contre Tottenham en mai 2024, Haaland expliquait que l’équipe devait avancer match après match, se détendre, puis se concentrer sur le suivant. Il insistait également sur l’importance de ne pas trop réfléchir à la situation globale et de rester focalisé sur les actions à réaliser.
Cette logique est particulièrement utile aux entrepreneurs.
Créer ou développer une entreprise implique de penser simultanément à de nombreux sujets :
- trouver des clients ;
- développer son offre ;
- gérer sa communication ;
- surveiller sa trésorerie ;
- respecter les obligations administratives ;
- former ses collaborateurs ;
- anticiper la concurrence ;
- préparer les prochaines années.
Lorsqu’ils sont envisagés en même temps, ces sujets peuvent donner l’impression que tout est urgent.
La conséquence est souvent une dispersion permanente : quelques minutes sur une proposition commerciale, puis un message, une modification du site, une facture et une nouvelle idée de produit.
Les travaux de Sophie Leroy sur le résidu d’attention montrent que lorsqu’une personne passe d’une tâche à une autre, une partie de son attention peut rester attachée à l’activité précédente. Cette difficulté à interrompre mentalement une tâche peut réduire la performance sur la suivante.
Travailler par séquences complètes
Pour limiter cette fragmentation, un entrepreneur peut organiser son travail autour de blocs clairement définis :
- une période consacrée à la prospection ;
- une période de production ;
- une période réservée à l’administratif ;
- un moment dédié à la communication ;
- une revue régulière de la stratégie.
Chaque période doit avoir un objectif suffisamment précis.
« Travailler sur l’entreprise » reste trop vague.
« Finaliser et envoyer trois propositions commerciales » permet de savoir exactement quand la séquence est terminée.
L’entrepreneur ne renonce pas à sa vision globale. Il choisit simplement de ne pas essayer de résoudre tous ses problèmes au même moment.
Quatrième leçon : rechercher la régularité plutôt que les périodes d’intensité
Les performances de haut niveau ne reposent pas uniquement sur quelques moments spectaculaires. Elles dépendent d’une préparation répétée pendant des mois et des années.
Pep Guardiola a notamment salué la mentalité et l’attitude de Haaland depuis son arrivée à Manchester City. L’entraîneur insiste régulièrement sur l’importance des habitudes, des standards et de la qualité des séances d’entraînement.
Dans l’entrepreneuriat, il est tentant d’alterner entre deux rythmes :
- des périodes de travail extrêmement intense ;
- des périodes de fatigue pendant lesquelles les actions importantes sont reportées.
Cette méthode peut fonctionner ponctuellement, notamment avant un lancement ou une échéance importante. Elle devient cependant difficile à maintenir sur plusieurs années.
Créer un système reproductible
La régularité peut prendre des formes très simples :
- contacter cinq prospects chaque semaine ;
- publier un contenu réellement utile tous les quinze jours ;
- analyser la trésorerie chaque lundi ;
- demander un retour après chaque mission ;
- améliorer une procédure par mois ;
- sauvegarder et vérifier les données régulièrement ;
- réserver un temps fixe à la formation.
Ces actions sont moins impressionnantes qu’une semaine entière passée à travailler jour et nuit. Elles sont pourtant plus faciles à maintenir et produisent des effets cumulatifs.
L’objectif n’est pas d’être parfait chaque jour. Il est de construire un fonctionnement qui continue à produire des résultats même lorsque la motivation diminue.
Cinquième leçon : considérer la récupération comme une partie du travail
La récupération est probablement l’un des aspects les plus mal compris de la productivité.
Dans une interview accordée à GQ, Haaland expliquait accorder une importance majeure non seulement à la durée, mais aussi à la qualité de son sommeil.
Cette attention n’est pas une particularité anecdotique. Une revue consacrée au sommeil et au comportement organisationnel associe le manque de sommeil et l’insomnie à une diminution de la productivité, de la performance et de la sécurité au travail.
Les recherches sur les sportifs montrent également que l’équilibre entre la charge et la récupération est une composante importante de la gestion de la fatigue et de la performance.
Le repos n’est pas l’opposé de la productivité
Pour un entrepreneur, se reposer peut donner l’impression de perdre du temps.
Chaque heure non travaillée semble être une heure pendant laquelle un concurrent pourrait avancer, un client pourrait attendre ou une nouvelle opportunité pourrait disparaître.
Mais le temps de travail n’est pas la seule variable importante. La qualité des décisions compte également.
Un dirigeant fatigué peut :
- sous-estimer un risque ;
- mal interpréter un message ;
- accepter un projet peu rentable ;
- négliger un détail important ;
- devenir moins patient avec ses clients ;
- perdre du temps sur un problème simple ;
- repousser les décisions difficiles.
La récupération doit donc être intégrée au système de performance :
- horaires de sommeil suffisamment réguliers ;
- pauses entre les périodes de concentration ;
- activité physique adaptée ;
- journées sans travail lorsque cela est possible ;
- limitation des sollicitations tardives ;
- répartition réaliste de la charge.
Il ne s’agit pas d’imiter les pratiques parfois extrêmes attribuées aux sportifs sur les réseaux sociaux. Il s’agit de comprendre que les capacités physiques et cognitives constituent des ressources de l’entreprise.
Sixième leçon : protéger son attention
Un attaquant doit rester concentré même lorsqu’il reçoit peu de ballons. Une occasion peut apparaître à tout moment, et une seule seconde d’inattention peut suffire pour la manquer.
L’entrepreneur rencontre un problème similaire : son attention est constamment sollicitée.
Notifications, appels, courriels, messageries, réseaux sociaux et nouveaux outils peuvent fragmenter la journée.
La difficulté ne vient pas seulement du temps passé à consulter ces éléments. Chaque interruption oblige aussi le cerveau à quitter une activité, comprendre un nouveau contexte, puis revenir à la tâche initiale.
Les expériences consacrées au résidu d’attention indiquent qu’il peut être difficile de transférer complètement son attention lorsqu’une tâche précédente reste mentalement inachevée.
Créer des périodes sans interruption
Certaines tâches exigent une concentration prolongée :
- concevoir une offre ;
- rédiger une proposition ;
- développer un logiciel ;
- analyser un problème ;
- préparer une présentation ;
- prendre une décision stratégique.
Pendant ces périodes, l’entrepreneur peut :
- désactiver les notifications ;
- fermer les onglets inutiles ;
- éloigner son téléphone ;
- regrouper les réponses aux messages ;
- indiquer ses horaires de disponibilité ;
- noter les idées secondaires sans les traiter immédiatement.
La disponibilité permanente donne une impression de réactivité. Elle peut néanmoins empêcher de terminer les tâches qui demandent le plus de réflexion.
Septième leçon : ne pas confondre performance individuelle et réussite solitaire
Haaland peut terminer les actions, mais il dépend des déplacements, des passes, de la récupération du ballon et du travail tactique de toute son équipe.
Après la victoire contre Tottenham en 2024, il avait d’ailleurs mis en avant la performance du gardien Stefan Ortega et la mentalité collective de Manchester City.
L’entrepreneuriat est souvent raconté à travers la figure d’un fondateur capable de tout accomplir seul.
Dans la réalité, même un indépendant dépend d’un écosystème :
- clients ;
- partenaires ;
- fournisseurs ;
- comptable ;
- banque ;
- prestataires ;
- outils numériques ;
- communauté professionnelle ;
- proches.
Les études sur le travail collectif montrent une relation positive entre la qualité du travail d’équipe et la performance. Une méta-analyse portant sur différents environnements conclut notamment que le travail d’équipe exerce un effet significatif sur les résultats, quels que soient le type de tâche ou les caractéristiques générales de l’équipe.
Une autre méta-analyse souligne que la qualité de la communication entretient une relation plus forte avec la performance que la simple fréquence des échanges.
Construire un système autour de soi
Pour un entrepreneur, mieux travailler en équipe peut signifier :
- expliquer clairement les objectifs ;
- documenter les décisions ;
- définir les responsabilités ;
- partager les informations nécessaires ;
- demander de l’aide suffisamment tôt ;
- choisir des partenaires complémentaires ;
- éviter de centraliser toutes les validations.
Déléguer ne consiste pas seulement à transférer une tâche. Il faut aussi transmettre le contexte, le résultat attendu et les moyens permettant de prendre des décisions.
La productivité collective apparaît lorsque chaque personne sait où elle doit intervenir et comment son travail contribue au résultat final.
Huitième leçon : adapter ses qualités au système
Lorsqu’il rejoint Manchester City, Haaland intègre une équipe déjà organisée autour de principes tactiques très précis.
Son succès ne repose donc pas uniquement sur ses qualités individuelles. Il dépend aussi de sa capacité à comprendre les déplacements de ses partenaires, les attentes de son entraîneur et le fonctionnement collectif.
Pour un entrepreneur, une compétence n’a de valeur que lorsqu’elle s’intègre à un système cohérent.
Un excellent outil de gestion ne sert pas à grand-chose si personne ne l’utilise correctement.
Un bon commercial ne peut pas tenir ses promesses si l’équipe de production est saturée.
Une campagne de communication efficace peut créer des problèmes si le parcours client, les délais ou le service après-vente ne suivent pas.
La productivité ne consiste donc pas seulement à améliorer chaque élément séparément. Elle consiste à vérifier que les différents éléments fonctionnent ensemble.
Observer les dépendances
Avant de chercher à accélérer une activité, l’entrepreneur doit identifier ce qui se passe ensuite.
Par exemple :
- davantage de prospects nécessite une capacité commerciale suffisante ;
- davantage de ventes nécessite une production capable de suivre ;
- davantage de clients nécessite un support organisé ;
- davantage de collaborateurs nécessite de la documentation ;
- davantage de données nécessite une sécurité renforcée.
Accélérer un seul élément peut déplacer le problème vers une autre partie de l’entreprise.
Neuvième leçon : utiliser les données sans oublier le terrain
Le football professionnel produit une grande quantité de données : tirs, déplacements, occasions, distance parcourue et zones d’intervention.
Ces informations permettent de mieux comprendre la performance. Elles ne remplacent toutefois ni le jugement de l’entraîneur ni la lecture du match par les joueurs.
Une entreprise peut tomber dans le même piège en accumulant des tableaux de bord sans transformer les données en décisions.
Un indicateur n’est utile que s’il permet de répondre à une question précise.
Par exemple :
- Quels canaux apportent les clients les plus rentables ?
- À quel moment les prospects abandonnent-ils ?
- Quels projets dépassent régulièrement le temps prévu ?
- Quelles demandes reviennent le plus souvent au support ?
- Quels clients renouvellent leur contrat ?
- Quelles tâches pourraient être automatisées ?
Les données ne doivent pas servir uniquement à constater le passé. Elles doivent aider à modifier les prochaines actions.
Dixième leçon : accepter les périodes sans résultat visible
Même le meilleur attaquant traverse des matchs sans marquer.
Cela ne signifie pas nécessairement que son travail est inutile. Ses déplacements peuvent créer des espaces, attirer les défenseurs ou permettre à un partenaire de se retrouver dans une meilleure position.
Dans une entreprise, certaines actions ne produisent pas immédiatement un résultat mesurable :
- développer sa réputation ;
- apprendre une nouvelle compétence ;
- améliorer sa documentation ;
- créer une relation professionnelle ;
- consolider la sécurité ;
- structurer une nouvelle offre ;
- accompagner un collaborateur.
Le risque est d’abandonner trop rapidement une action simplement parce qu’elle ne produit pas de vente immédiate.
Il faut distinguer deux situations :
- une stratégie pertinente qui a besoin de temps ;
- une activité peu efficace que l’on maintient par habitude.
Cette distinction nécessite des objectifs intermédiaires, des périodes d’évaluation et la capacité de modifier son approche.
Ce qu’il ne faut pas copier chez les sportifs professionnels
S’inspirer d’un champion ne signifie pas idéaliser toutes les informations publiées à son sujet.
Les routines des sportifs célèbres font souvent l’objet de récits exagérés. Certaines habitudes alimentaires, méthodes de récupération ou pratiques de sommeil sont reprises sans contexte ni preuve solide.
Un entrepreneur n’a pas besoin :
- de transformer chaque minute en indicateur ;
- d’adopter une routine extrême ;
- de travailler jusqu’à l’épuisement ;
- d’acheter tous les outils de productivité ;
- de reproduire une alimentation de sportif ;
- de supprimer toute spontanéité.
Le véritable enseignement ne réside pas dans une routine spectaculaire.
Il se trouve dans la cohérence entre l’objectif, la préparation, l’exécution et la récupération.
Une méthode simple inspirée de cette approche
Un entrepreneur peut appliquer ces principes à travers une revue hebdomadaire.
Définir le but de la semaine
Choisir un résultat principal suffisamment concret :
- envoyer cinq propositions ;
- terminer une fonctionnalité ;
- publier une nouvelle offre ;
- résoudre un problème client ;
- réduire un délai de traitement.
Identifier les actions décisives
Sélectionner deux ou trois actions qui auront le plus d’influence sur ce résultat.
Réserver des périodes de concentration
Placer ces actions dans l’agenda avant les tâches moins importantes.
Prévoir les besoins de l’équipe
Vérifier que les collaborateurs, partenaires ou prestataires disposent des informations nécessaires.
Protéger la récupération
Éviter de construire une organisation qui repose en permanence sur l’urgence et les journées excessivement longues.
Analyser le résultat
À la fin de la semaine, examiner :
- ce qui a réellement avancé ;
- ce qui a consommé du temps sans créer beaucoup de valeur ;
- ce qui doit être poursuivi ;
- ce qui doit être modifié ou supprimé.
Conclusion
Erling Haaland ne représente pas un modèle entrepreneurial parfait. Son métier, ses ressources et son environnement sont très différents de ceux d’un dirigeant de TPE, d’un indépendant ou d’un créateur de start-up.
Sa manière d’incarner la performance permet néanmoins de rappeler plusieurs principes fondamentaux :
- l’activité n’est pas toujours synonyme de résultat ;
- la spécialisation augmente l’efficacité ;
- la concentration réduit la dispersion ;
- la régularité est plus durable que l’intensité permanente ;
- le repos fait partie de la performance ;
- les résultats individuels dépendent aussi d’un système collectif ;
- les bons indicateurs doivent guider les décisions.
La productivité entrepreneuriale ne consiste donc pas à essayer de toucher tous les ballons.
Elle consiste à identifier les actions décisives, se placer au bon endroit et être prêt lorsqu’une véritable occasion se présente.
Sources
- Premier League — Haaland rejoint le club des 100 buts en un temps record : 100 buts atteints en 111 apparitions.
- Premier League — Les chiffres derrière les 100 buts de Haaland : record de 36 buts lors de sa première saison.
- Premier League — Haaland atteint les 50 buts : répartition de ses premiers buts et importance de la zone de finition.
- Manchester City — Réaction de Haaland après Tottenham : concentration match après match et importance de l’équipe.
- Manchester City — Guardiola salue la mentalité de Haaland.
- GQ — Entretien avec Erling Haaland : importance accordée à la qualité du sommeil.
- Journal of Organizational Behavior — Attention residue : conséquences du passage fréquent entre plusieurs tâches.
- Frontiers in Psychology — Travail d’équipe et performance : méta-analyse sur les effets du travail collectif.
- Journal of Applied Psychology — Communication et performance des équipes.
- Sleep and Organizational Behavior : effets du manque de sommeil sur la performance professionnelle.